1 - Contestation d'une clause de non-concurrence ou d'exclusivité
La clause de non-concurrence est une mention que l’employeur peut inclure dans le contrat de travail pour empêcher le salarié de travailler chez un concurrent, même après la rupture du contrat afin de protéger les intérêts de l’entreprise. Elle doit respecter certaines conditions : être limitée dans le temps et l’espace, préciser les activités restreintes et prévoir une contrepartie financière pour le salarié. Sans ces éléments, la clause est nulle et le salarié peut réclamer des dommages et intérêts.
La clause d'exclusivité permet à un employeur d'interdire à son collaborateur d'exercer une autre activité salariée ou indépendante pendant toute la durée de son contrat de travail. Pour qu'elle ne soit pas considérée comme abusive, cette clause doit uniquement protéger les intérêts de l'entreprise, être proportionnelle au but recherché et être justifiée par la nature du poste occupé. En revanche, elle sera interdite pour les contrats de travail à temps partiel afin de ne pas priver le salarié d'un complément de revenu.
Ci-après, nous vous proposons un modèle de lettre conçu pour vous aider à contester de manière formelle une clause abusive présente dans votre contrat de travail, telle qu'une clause de non-concurrence ou d'exclusivité.
Nous vous recommandons aussi notre modèle de lettre pour refuser une proposition de mutation (avec ou sans clause de mobilité)
Objet : Contestation d’une clause abusive. LRAR
Monsieur le Directeur,
Par la présente, je souhaite attirer votre attention sur la clause de non-concurrence [ou d'exclusivité] prévue par mon contrat de travail que nous avons conclu en date du [date du contrat]. Après réflexion, je considère que cette clause présente des éléments abusifs et ne respecte pas les exigences légales prévues par le Code du travail.
En effet aux termes de l'Article L1121-1 du Code du travail et de la jurisprudence constante, une clause de non-concurrence n'est licite que si elle est indispensable à la protection des intérêts légitimes de l'entreprise, elle est limitée dans le temps et dans l'espace, elle tient compte des spécificités de l'emploi du salarié et comporte une contrepartie financière [à adapter selon la clause].
Or, la clause en question stipule que [reprendre le contenu litigieux de la clause], ce qui, à mon sens, dépasse les limites légales en [préciser pourquoi : durée, zone géographique, absence de contrepartie, etc.]. Il me parait évident que cette clause crée un déséquilibre manifeste entre mes droits et les obligations imposées.
Afin de résoudre ce différend à l’amiable, je vous propose de revoir ensemble les modalités de cette clause et de convenir d’un avenant au contrat de travail conforme aux dispositions légales et aux intérêts des deux parties. Je suis prêt à discuter des ajustements nécessaires pour que cette clause respecte pleinement le cadre juridique en vigueur.
À défaut d’un accord amiable dans un délai raisonnable, je n'aurai d'autres choix que de faire constater le caractère abusif de cette clause par le Conseil des prud'hommes de [Ville] et lui demander le versement de dommages et intérêts à mon endroit [seulement en cas de conflit important].
En comptant sur votre diligence, je vous prie d'agréer, Monsieur le Directeur, à mes salutations distinguées.